Jean Tinturier est né le 20 février 1921 à Vierzon, France, et a été baptisé à l’église Notre-Dame de Vierzon, Il était l’aîné de neuf enfants dans une famille catholique dévouée.
Sa formation
Jean a étudié au Petit Séminaire de Langres puis au Grand Séminaire d’Issy-les-Moulineaux, dirigé par les Sulpiciens. Il entra au Grand Séminaire d’Issy-les-Moulineaux en 1938, où il était connu pour sa foi profonde et sa curiosité intellectuelle. Il reçut sa tonsure et prit sa soutane le 21 décembre 1940 et commence des études de théologie au séminaire des carmes en1942-1943 .Jean était profondément réfléchi, écrivant souvent sur sa foi et la nécessité d’être un pionnier dans son travail apostolique.
Son départ en Allemagne dans le cadre du STO
En 1943, le gouvernement de Vichy a mis en place le STO, obligeant les jeunes hommes français à travailler dans des usines allemandes, Jean et ses amis ont été confrontés à un dilemme moral. Ils ont décidé d’aller en Allemagne pour soutenir leurs compatriotes et leur offrir un soutien spirituel. Le 21 septembre 1943, Jean, accompagné de Louis Kuehn et François Donati, partent pour Schmalkalden, une petite ville de Thuringe, en Allemagne.
Travail apostolique en Thuringe
Travail et Communauté : Jean et ses compagnons travaillaient dans l’usine Karl Braun et vivaient dans un ancien café. Ils ont affronté des conditions difficiles mais ont maintenu leur foi.
Activités apostoliques : Jean a organisé des réunions, dirigé des discussions et aidé à former une Amicale des Travailleurs pour soutenir les travailleurs français.
Création de réseau : Il a voyagé dans d’autres villes pour se connecter avec d’autres groupes de travailleurs et de prêtres français.
Arrestation et emprisonnement
Arrestation : Le 19 avril 1944, Jean a été arrêté par la Gestapo pour ses activités religieuses.
Prison et hôpital : Il a d’abord été envoyé à la prison de Gotha, où il a été hospitalisé pour diphtérie. Il a écrit plusieurs lettres à sa famille, exprimant sa foi et sa détermination.
Vie spirituelle : Malgré les conditions difficiles, Jean a maintenu une vie spirituelle forte, priant et méditant quotidiennement.
Déportation et Martyre
Camps : Jean a été transféré dans plusieurs camps de concentration, dont Flossenbürg et Mauthausen.
Testament : Sa dernière lettre à sa famille, écrite le 17 juillet 1944 depuis la prison de Gotha, est considérée comme son testament spirituel.
Jean est mort le 16 mars 1945 à Mauthausen, victime des conditions difficiles et de la persécution nazie.
Héritage et Reconnaissance
Jean Tinturier fait partie du groupe de 50 martyrs français persécutés pour leur foi pendant la Seconde Guerre mondiale.
Mémoriaux : Des mémoriaux et des plaques à Vierzon honorent sa mémoire, y compris le Mémorial Jean Tinturier à l’église Notre-Dame et la dénomination d’un escalier en son honneur.
Réflexions : Mgr Louis Kuehn, un ancien compagnon de Jean, a prononcé une homélie à Vierzon le 8 mars 1987, réfléchissant à la signification de la vie et du martyre de Jean. Il a souligné l’importance de construire une Église vivante, le rôle irremplaçable du prêtre, et le pouvoir de la communauté dans le maintien de la foi.
Conclusion
La vie et le martyre de Jean Tinturier témoignent de la force de la foi et de l’importance de défendre ses croyances, même face à de grandes adversités. Son histoire est un puissant rappel de la résilience de l’esprit humain et du pouvoir durable du témoignage chrétien.
En téléchargement , livret écrit par le père Cothenet pour le centenaire de sa naissance
