Évangile de Jésus Christ selon Saint Jean
En ce temps-là,
Jésus s’en alla au mont des Oliviers.
Dès l’aurore, il retourna au Temple.
Comme tout le peuple venait à lui,
il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme
qu’on avait surprise en situation d’adultère.
Ils la mettent au milieu,
et disent à Jésus :
« Maître, cette femme
a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné
de lapider ces femmes-là.
Et toi, que dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve,
afin de pouvoir l’accuser.
Mais Jésus s’était baissé
et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger,
il se redressa et leur dit :
« Celui d’entre vous qui est sans péché,
qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Il se baissa de nouveau
et il écrivait sur la terre.
Eux, après avoir entendu cela,
s’en allaient un par un,
en commençant par les plus âgés.
Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.
Il se redressa et lui demanda :
« Femme, où sont-ils donc ?
Personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit :
« Personne, Seigneur. »
Et Jésus lui dit :
« Moi non plus, je ne te condamne pas.
Va, et désormais ne pèche plus. »
Homélie du pape François du 7 avril 2019
Jésus veut la sauver, parce qu’il incarne la miséricorde de Dieu, qui rachète par le pardon et renouvelle par la réconciliation. Son attitude est audacieuse et à contre-courant des mœurs de l’époque. Les scribes et les pharisiens avaient tendu un piège à Jésus en lui demandant quelle était l’attitude à adopter : «le « non » à la lapidation aurait été une raison d’accuser Jésus de désobéissance à la Loi ; le « oui », au contraire, de le dénoncer à l’autorité romaine, qui s’était réservée les peines et n’admettait pas le lynchage populaire
Les interlocuteurs de Jésus sont enfermés dans les goulets d’étranglement du légalisme et veulent enfermer le Fils de Dieu dans leur perspective de jugement et de condamnation». Mais en répondant : «Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre !», Jésus fait appel à la conscience de ces hommes : «il les appelle à prendre conscience de leur condition humaine de pécheurs, par laquelle ils ne peuvent s’arroger le droit de vie ou de mort sur un autre être humain» . Tous les acteurs de la scène renoncent à la lapider. «Cette scène invite aussi chacun de nous à prendre conscience que nous sommes pécheurs, et à laisser tomber de nos mains les pierres de dénigrement et de condamnation que nous voulons parfois lancer contre les autres», par exemple quand nous diffamons les autres.
