Homélie du dimanche de Pâques – Dimanche 5 avril – Père Cothenet

La pierre roulée

En ce samedi saint, je m’inspire d’un excellent article de F. Boyer, paru dans La Croix hebdo.

Sur le plan archéologique, nous avons un excellent exemple dans la tombe d’Hélène, reine d’Adiabène, convertie au judaïsme, s’étant fait construire un vaste domaine funéraire devenu propriété de la République Française (paradoxe de l’histoire). On y repère la lourde meule qui protège l’entrée du tombeau contre des ravisseurs éventuels.

Qu’en est-il dans le récit évangélique ? Des femmes apportent des parfums, comme nous des fleurs au cimetière. Signe d’affection, sans plus. L’espérance est bien scellée. Paradoxe : les linges funéraires sont en place, comme soufflés de l’intérieur. Lorsque Lazare est sorti à l’appel du Christ, il était encore lié ? Ici un signe de liberté par rapport à la mort ?

Le message adressé à Marie Madeleine surprend. Qui est ce Jardinier ? Le gardien du Paradis perdu par la faute d’Adam ? Or celui qui apparaît nous met en route : « Va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu ». Formule d’alliance qui oriente vers la Galilée des nations.

Le plus beau récit se lit dans l’évangile selon S. Luc. Deux disciples tout découragés quittent Jérusalem. Un voyageur se joint à eux et s’enquiert des raisons de leur tristesse ? Après leur avoir laissé le temps de vider leur sac, il accomplit tout un voyage à travers les Écritures jusqu’à une auberge. « Reste avec nous, puisqu’il se fait tard ». La fraction du pain est le signe de reconnaissance. Les disciples en sont si transformés que, de nuit, ils reprennent la route pour faire part aux apôtres de leur foi.

Que retiendrons-nous ? Le témoignage de tant de catéchumènes, jeunes et adultes qui vont être baptisés à la veillée pascale est un signe précieux qui provoque nos communautés vieillissantes pour une liturgie plus participative et pour une foi ouverte aux besoins de notre monde.

Ici à Antoine Moreau nous avons pu célébrer le mystère pascal par une belle messe du Jeudi Saint dans la grande salle et par l’office de la croix à l’Oratoire.

Le message de Pâques sera-t-il entendu ? Notre Pape Léon XIV ne cesse de condamner toutes les formes de haine et d’orgueil qui ensanglantent le monde en Iran, à Gaza, au Liban, au Sahel, en Ukraine, au Soudan. Quel écho ? Cela dépend pour une part de chacun d’entre nous ? Serons-nous des témoins actifs de la volonté du Père, des miséricordes qui veut se réconcilier le monde en son Fils.

Ainsi donc la fête de Pâques n’est-elle pas simple souvenir, mais proclamation d’une Espérance qu’aucune pierre ne saurait enfermer.

E. COTHENET

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