Jerusalem – Texte du père Cothenet

Jérusalem

Ville de la Paix, où des peuples nombreux viendront chercher un arbitrage et s’engageront à changer leurs épées en socs de charrue et leurs lances en serpes (Is 2, 2-5).

 Admirable vision qui a inspiré Martin Luther King.

Au temps de l’invasion assyrienne, attente de l’Emmanuel, Prince de la Paix (Is 9, 5).

 Au temps du retour des exilés, espoir qu’Israël et les nations se retrouveront à Jérusalem : selon le Ps 87, « On peut dire de Sion : “En toi, tout homme est né…” Toutes nos sources sont en toi » (Ps 87).

En raison de la persécution d’Antiochus Épiphane, le courant nationaliste l’emporte, comme l’atteste le Ps 149 : « Que les fidèles prennent l’épée à deux tranchants pour tirer vengeance des nations. » Selon cette perspective, les Zélotes portent une lourde responsabilité dans la révolte qui aboutit à la destruction du Temple en l’an 70, comme le commémore à Rome l’Arc de Titus

La situation aujourd’hui

En notre époque d’une telle complexité où la violence et la haine s’enchaînent de façon inexorable, nous ne pouvons que relever quelques traits.

Durant les tragiques bombardements de Gaza, le pape François téléphonait tous les soirs au curé de la seule paroisse de la ville qui, avec des religieuses, accueillait catholiques et orthodoxes.

Le grand scandale du dimanche des Rameaux : la police israélienne empêche le Patriarche latin d’entrer au Saint-Sépulcre, comme je vous l’ai signalé dans mon envoi Jérusalem, pleure.

Grande fut l’émotion dans le monde et Netanyahou comprit qu’il lui fallait lâcher du lest. C’est ainsi que, pour la Pâque orthodoxe, les fidèles ont pu participer à la cérémonie au cours de laquelle le célébrant reçoit le feu jailli du tombeau et le distribue aux fidèles (La Croix, 30 avril, p. 14), comme quoi les campagnes d’opinion ne sont pas inutiles.

Quel avenir ?

Le cardinal Pizzaballa, patriarche de Jérusalem, l’envisage dans un document magistral dont vous trouvez le résumé dans La Croix. Dans ce long document, le cardinal ne cache rien de la gravité de la situation faite aux Palestiniens arabes comme aux chrétiens privés des ressources qu’apportaient les pèlerinages : pillage du village chrétien du sud-Liban de Taybé, réputé pour sa production d’huile d’olive ; arrachage de 300 oliviers par des extrémistes juifs qui assuraient la vie des villageois ; gestes de mépris à l’égard des chrétiens ; tags sur les églises ; profanation d’une croix dans un village du sud-Liban.

Quelle peut être la mission de l’Église en ces circonstances ? Le rappel des valeurs humaines essentielles, comme l’a fait le pape Léon XIV dans son pèlerinage au Liban, à savoir le respect de la personne, du droit international, l’attention aux plus petits. Chaque chrétien est invité à vivre les valeurs de l’Évangile dans ses relations avec ses voisins, dans sa paroisse, à témoigner dans la misère de l’espérance que nous donne le Christ en sa résurrection.

Et nous ?

Quel soutien pouvons-nous apporter à nos frères souffrants ? Par la prière, la réponse aux appels de l’Œuvre d’Orient .

 

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