Le concile de Nicée dans l’église et les croyants aujourd’hui

Du 20 mai au 25 juillet de cette année, nous fêterons le 1700 eme anniversaire du concile de Nicée, réuni en 325, sous l’égide de Constantin. Concile qui est à l’origine de notre crédo.

A cette occasion Foi et culture et l’association oecuménique sans frontière ont reçu comme conférencier, Nicolas Cochant, directeur de l’institut supérieur oecuménique

Icone concile de Nicée

Ecouter la conférence du 29/01/2025 de Nicolas Cochant sur le concile de Nicée dans l'église et les croyants aujourd'hui

Quelques rappels historiques

Nicée est le premier Concile Œcuménique de l’Église catholique, tenu en 325 à l’occasion de l’hérésie d’Arius (l’Arianisme).

Les origines du concile

Dès 320 ou 321, Saint Alexandre, évêque d’Alexandrie, convoqua un concile à Alexandrie au cours duquel plus de cent évêques d’Égypte et de Libye anathématisèrent Arius. Ce dernier continua à officier dans son église et à recruter des partisans. Finalement chassé, il se rendit en Palestine puis à Nicomédie. Pendant ce temps, Saint Alexandre publia son « Epistola encyclica », à laquelle Arius répondit ; mais dès lors, il était évident que la querelle avait dépassé la possibilité de contrôle humain.Sozomène parle même d’un Concile de Bithynie qui a adressé une encyclique à tous les évêques leur demandant d’accueillir les Ariens dans la communion de l’Église. Cette discorde, et la guerre qui éclata bientôt entre Constantin et Licinius, ajoutèrent au désordre et expliquent en partie la progression du conflit religieux durant les années 322-3. Enfin, Constantin, ayant vaincu Licinius et devenu empereur unique, s’occupa de rétablir la paix religieuse ainsi que l’ordre civil. Il adressa des lettres à saint Alexandre et à Arius, déplorant ces controverses enflammées concernant des questions sans importance pratique, et conseillant aux adversaires de s’entendre sans délai. Il était évident que l’empereur ne comprenait pas alors la signification de la controverse arienne.Hosius de Cordoue, son conseiller en matière religieuse, porta la lettre impériale à Alexandrie, mais échoua dans sa mission conciliatrice. Voyant cela, l’empereur, peut-être conseillé par Hosius, jugea qu’aucun remède n’était plus apte à restaurer la paix dans l’Église que la convocation d’un concile œcuménique.

L’organisation du concile

L’empereur lui-même, dans des lettres très respectueuses, supplia les évêques de chaque pays de venir promptement à Nicée. Plusieurs évêques venus de l’extérieur de l’Empire romain (par exemple, de la Perse) assistèrent au Concile. On ne sait pas historiquement si l’empereur, en convoquant le Concile, a agi uniquement en son propre nom ou en accord avec le pape ; cependant, il est probable que Constantin et Sylvestre soient parvenus à un accord .

Pour faciliter la réunion du Concile, l’empereur mit à la disposition des évêques les moyens de transport publics et les postes de l’empire ; de plus, pendant toute la durée du Concile, il pourvut abondamment à l’entretien des membres. Le choix de Nicée était favorable à l’assemblée d’un grand nombre d’évêques. Il était facilement accessible aux évêques de presque toutes les provinces, mais surtout à ceux d’Asie, de Syrie, de Palestine, d’Égypte, de Grèce et de Thrace. Les sessions se tenaient dans l’église principale et dans la salle centrale du palais impérial. Un grand lieu était en effet nécessaire pour accueillir une telle assemblée, bien que le nombre exact ne soit pas connu avec certitude. Eusèbe parle de plus de 250 évêques, et plus tard, des manuscrits arabes portent le chiffre à 2000 – une évidente exagération dans laquelle, cependant, il est impossible de découvrir le nombre total approximatif d’évêques, ainsi que celui des prêtres, diacres et acolytes, dont on dit qu’un grand nombre étaient également présents. Saint Athanase, membre du concile, parle de 300, et dans sa lettre « Ad Afros », il dit explicitement 318. Ce chiffre est presque universellement adopté, et il ne semble pas y avoir de bonne raison de le rejeter. La plupart des évêques présents étaient grecs ; parmi les latins, nous ne connaissons que Hosius de Cordoue, Cécilien de Carthage, Marc de Calabre, Nicase de Dijon, Donnus de Stridon en Pannonie, et les deux prêtres romains, Victor et Vincentius, représentant le pape. L’assemblée comptait parmi ses membres les plus célèbres Saint Alexandre d’Alexandrie, Eustathe d’Antioche, Macaire de Jérusalem, Eusèbe de Nicomédie, Eusèbe de Césarée, et Nicolas de Myre. Certains avaient souffert lors de la dernière persécution ; d’autres étaient assez mal familiarisés avec la théologie chrétienne. Parmi les membres se trouvait un jeune diacre, Athanase d’Alexandrie, pour qui ce Concile devait être le prélude à une vie de conflit et de gloire.  ATHANASE).

Le déroulement du concile

L’année 325 est acceptée sans hésitation comme celle du Premier Concile de Nicée. Il y a moins d’accord parmi nos premières autorités quant au mois et au jour de l’ouverture. Cette date peut, peut-être, être prise comme le 20 mai, et celle de la rédaction du symbole comme le 19 juin. On peut supposer sans trop de hardiesse que le synode, ayant été convoqué pour le 20 mai, en l’absence de l’empereur, a tenu des réunions de caractère moins solennel jusqu’au 14 juin, date à laquelle, après l’arrivée de l’empereur, les sessions proprement dites ont commencé, le symbole étant formulé le 19 juin, après quoi divers sujets – la controverse pascale, etc. – ont été traités, et les sessions se sont terminées le 25 août. Le Concile fut ouvert par Constantin avec la plus grande solennité.

L’empereur attendit que tous les évêques aient pris place avant de faire son entrée. Il était vêtu d’or et couvert de pierres précieuses à la manière d’un souverain oriental. Une chaise en or avait été préparée pour lui, et lorsqu’il avait pris place, les évêques s’étaient assis. Après qu’on lui eut adressé une allocution précipitée, l’empereur fit un discours en latin, exprimant sa volonté que la paix religieuse soit rétablie. Il avait ouvert la session en tant que président honoraire, et il avait assisté aux sessions suivantes, mais la direction des discussions théologiques avait été abandonnée, comme il convenait, aux chefs ecclésiastiques du concile. Le véritable président semblait être Hosius de Cordoue, assisté par les légats du pape, Victor et Vincentius.

L’empereur commença par faire comprendre aux évêques qu’ils avaient une affaire plus grande et meilleure à traiter que des querelles personnelles et des récriminations interminables. Néanmoins, il dut se soumettre à l’infliction d’entendre les dernières paroles des débats qui avaient eu lieu avant son arrivée.

Eusèbe de Césarée et ses deux abrégés, Socrate et Sozomène, ainsi que Rufin et Gélase de Chypre, ne rapportent aucun détail des discussions théologiques. Rufin nous dit seulement que des sessions quotidiennes étaient tenues et qu’Arius était souvent convoqué devant l’assemblée; ses opinions étaient sérieusement discutées et les arguments opposés attentivement examinés. La majorité, en particulier ceux qui étaient des confesseurs de la Foi, se sont énergiquement déclarés contre les doctrines impies d’Arius. Pour le Credo d’Eusèbe,  Saint Athanase nous assure que les activités du Concile n’étaient en rien entravées par la présence de Constantin. L’empereur s’était à ce moment échappé de l’influence d’Eusèbe de Nicomédie et était sous celle d’Hosius, à qui, ainsi qu’à saint Athanase, on peut attribuer une influence prépondérante dans la formulation du symbole du Premier Concile Œcuménique, dont voici une traduction littérale :

Le symbole du premier concile

Nous croyons en un seul Dieu le Père Tout-Puissant, Créateur de toutes choses visibles et invisibles ; et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils unique du Père, c’est-à-dire de la substance [ek tes ousias] du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré non pas créé, de la même substance que le Père [homoousion to patri], par qui toutes choses ont été faites tant dans le ciel que sur la terre ; qui pour nous les hommes et pour notre salut est descendu, s’est incarné, et s’est fait homme, a souffert et est ressuscité le troisième jour, est monté au ciel et vient juger les vivants et les morts. Et en l’Esprit Saint. Ceux qui disent : Il y a eu un temps où Il n’était pas, et Il n’était pas avant d’être engendré ; et qu’Il a été fait à partir de rien (ex ouk onton) ; ou qui soutiennent qu’Il est d’une autre hypostase ou d’une autre substance [que le Père], ou que le Fils de Dieu est créé, ou mutable, ou sujet au changement, [eux] l’Église catholique les anathématise.

Les conséquences du concile

L’adhésion était générale et enthousiaste. Tous les évêques sauf cinq se déclarèrent prêts à souscrire à cette formule, convaincus qu’elle contenait la foi ancienne de l’Église apostolique. Les opposants furent bientôt réduits à deux, Théonas de Marmarique et Sécondus de Ptolémaïs, qui furent exilés et anathématisés. Arius et ses écrits furent également frappés d’anathème, ses livres furent jetés au feu, et il fut exilé en Illyrie. Les listes des signataires nous sont parvenues dans un état mutilé, défigurées par les erreurs des copistes. Néanmoins, ces listes peuvent être considérées comme authentiques. Leur étude est un problème qui a été maintes fois traité à l’époque moderne, en Allemagne et en Angleterre, dans les éditions critiques de H. Gelzer, H. Hilgenfeld et O. Contz d’une part, et de C.H. Turner d’autre part. Les listes ainsi construites donnent respectivement 220 et 218 noms. Avec des informations provenant d’une source ou d’une autre, une liste de 232 ou 237 pères connus pour avoir été présents peut être construite.

D’autres questions traitées par ce concile étaient la controverse sur le moment de célébrer Pâques et le schisme mélitien.

De tous les Actes de ce Concile, qui, a-t-on soutenu, étaient nombreux, seuls trois fragments nous sont parvenus : le credo, ou symbole, donné ci-dessus  ; les canons ; le décret synodal. En réalité, il n’y a jamais eu d’autres actes officiels que ceux-ci. Mais les récits d’Eusèbe, Socrate, Sozomène, Théodoret et Rufin peuvent être considérés comme des sources très importantes d’informations historiques, ainsi que certaines données conservées par Saint Athanase, et une histoire du Concile de Nicée écrite en grec au cinquième siècle par Gélase de Césarée.

Les canons du premier concile

Il existe depuis longtemps une dispute concernant le nombre des canons du Premier Concile de Nicée. Toutes les collections de canons, qu’elles soient en latin ou en grec, composées aux quatrième et cinquième siècles, s’accordent à attribuer à ce Concile seulement les vingt canons que nous possédons aujourd’hui. Parmi ceux-ci, voici un bref résumé :

Canon 1 : Sur l’admission, ou le soutien, ou l’expulsion des clercs mutilés par choix ou par violence.

Canon 2 : Règles à observer pour l’ordination, l’évitement de la précipitation, la déposition de ceux coupables d’une faute grave.

Canon 3 : Tous les membres du clergé sont interdits de cohabiter avec toute femme, sauf une mère, une sœur ou une tante.

Canon 4 : Concernant les élections épiscopales.

Canon 5 : Concernant l’excommunié.

Canon 6 : Concernant les patriarches et leur juridiction.

Canon 7 : confirme le droit des évêques de Jérusalem de jouir de certains honneurs.

Canon 8 : concerne les Novatiens.

Canon 9 : Certains péchés connus après l’ordination entraînent l’invalidation.

Canon 10 : Les lapsi qui ont été ordonnés sciemment ou secrètement doivent être exclus dès que leur irrégularité est connue.

Canon 11 : Pénitence à imposer aux apostats de la persécution de Licinius.

Canon 12 : Pénitence à imposer à ceux qui ont soutenu Licinius dans sa guerre contre les chrétiens.

Canon 13 : Indulgence à accorder aux personnes excommuniées en danger de mort.

Canon 14 : Pénitence à imposer aux catéchumènes qui avaient faibli sous la persécution.

Canon 15 : Les évêques, prêtres et diacres ne doivent pas passer d’une église à une autre.

Canon 16 : Tous les clercs sont interdits de quitter leur église. Interdiction formelle pour les évêques d’ordonner pour leur diocèse un clerc appartenant à un autre diocèse.

Canon 17 : Il est interdit aux clercs de prêter à intérêt.

Canon 18 : rappelle aux diacres leur position subordonnée par rapport aux prêtres.

Canon 19 : Règles à observer concernant les partisans de Paul de Samosate qui souhaitaient revenir à l’Église.

Canon 20 : Les dimanches et pendant la saison pascale, les prières doivent être dites debout.

Les affaires du Concile étant terminées, Constantin célébra le vingtième anniversaire de son accession à l’empire et invita les évêques à un somptueux repas, à l’issue duquel chacun d’eux reçut de riches présents. Plusieurs jours plus tard, l’empereur ordonna qu’une session finale soit tenue, à laquelle il assista pour exhorter les évêques à travailler à la maintien de la paix; il se recommanda à leurs prières et autorisa les pères à retourner dans leurs diocèses. Le plus grand nombre se hâta de profiter de cela et de porter les résolutions du concile à la connaissance de leurs provinces.

Sources : Encyclopédie catholique édition  1913

Cette publication a un commentaire

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