Dimanche marqué par l’appel décisif de 90 catéchumènes à Issoudun. Rendons
grâces à Dieu.
Le récit évangélique est bien surprenant : faut-il parler de tentation du Christ ou
de mise à l’épreuve ? Peirasmos, ayant ce double sens. La 2de traduction me
semble plus juste.
Récit qu’on ne peut comprendre que si l’on prend en compte les idées religieuses
du temps. L’attente du Messie était généralisée, mais sous des formes très
diverses : qu’attendait-on du Messie ? En particulier le courant zélote espérait le Fils
de David qui restaurerait le règne exclusif de Dieu sur Israël, par un grand coup
d’éclat, un signe du ciel ! Pour faire bref, Satan est en quelque sorte le porte-parole
de ce groupe, au nom même de l’Ecriture. Quel paradoxe !
Au point de départ, c’est l’Esprit Saint reçu au baptême qui pousse Jésus au désert
pour un jeûne rigoureux, comme ce fut le cas de Moïse. Disons-le : comme une
grande retraite de discernement.
Ier acte : changer la pierre en pain, mais pour qui ? Pour toi seul, comme signe
de ta dignité ? En réalité, Jésus ne sera pas inattentif aux besoins de ses frères les
hommes, et y répondra par l’invitation au partage comme on le constate lors de la
multiplication des pains : L’homme vit de toute parole qui sort de la bouche de Dieu,
cette parole qui l’invite à la conversion.
2d acte : qui détient le pouvoir ? Satan, le maître du mensonge qui, aujourd’hui,
par les médias, se donne le moyen de dominer les opinions publiques et de
rechercher les mesures favorisant une minorité au détriment de la multitude. Un
populisme, facteur de guerres, un grand fléau de notre temps.
3e acte : le signe du ciel. Oui, un grand coup d’éclat. Bien des fois, Jésus sera
sommé de réaliser un signe, s’imposant à la vue de tous. En réplique, Il présentera
Jonas comme envoyé pour la conversion de Ninive, la ville païenne (Lc 12, 29-32),
signe d’universalisme.
C’est ce qu’enseigne S.Paul Quiconque invoquera le Nom du Seigneur sera
sauvé, et cela par une invocation qui part du cœur et ne craint pas d’être proclamée
avec courage
Quelle actualité, * quand on pense aux catéchumènes d’aujourd’hui qui
souvent acceptent une rupture avec l’entourage pour adhérer au Christ.
*quand on évoque le souvenir de tant de témoins de la foi, face au nazisme tout à
la fois opposé au Dieu chrétien et à la dignité de toute personne humaine. Des
exemples que nous n’avons pas le droit d’oublier et qui doivent nous servir de
repères face à la déshumanisation du monde actuel. Que le sacrifice de leur vie ne
soit pas inutile !
L’ouverture au monde de la périphérie nous est prescrite par l’apôtre Paul,
déclarant Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Une invocation qui
part du fond du cœur, -personne ne peut croire à ma place, et qui doit être proclamée
en communauté pour que le monde entier obtienne en Jésus Christ justice et paix
Edouard Cothenet.
