Homélie du dimanche 16 novembre 2025 – 33eme dimanche ordinaire – Père Cothenet

En cette fin d’automne, des textes qui apparaitront bien sombres, à interpréter, comme des avertissements et des encouragements dans l’épreuve.

Malachie, le dernier des 12 petits prophètes, un rouspéteur qui s’en prend aux abus de son temps, fils d’Israël qui offrent en sacrifice des bêtes malades, prêtres qui négligent leur devoir d’instruire le peuple. Le feu du jugement est tout proche, prélude à l’entrée dans le Temple du Soleil de Justice, le Christ.

Aux Thessaloniciens, Paul (ou plutôt un disciple) adresse un rude avertissement : ne vivez pas dans l’oisiveté, étant à la charge de la communauté. Telle n’a pas été la conduite de Paul lui-même. L’application de ce texte est délicate, quand dans son encyclique Dilexi Te (Je t’ai aimé), le Pape Léon XIV insiste tant sur la nécessité de revoir tous nos préjugés du type : les pauvres, c’est qu’ils refusent de travailler ! Au contraire, il faut savoir les écouter, leur donner leur place dans nos communautés, chercher avec eux quelles améliorations sont possibles. Non pas d’en haut, mais avec eux comme l’a si bien compris ATD Quart monde. Des réflexions à prolonger, en petits groupes si possible.

La ruine du Temple : malgré l’expulsion des vendeurs du Temple, les disciples restaient subjugués par sa splendeur et sa liturgie. C’est le cadre de ce discours apocalyptique où Jésus reprend les descriptions du Jour du Seigneur comme préambule de l’évènement du Règne de Dieu. Il ne faut donc pas chercher des correspondances de type historique, comme le font les Mormons, mais s’attacher aux exhortations à la persévérance.

Les jours du Fils de l’Homme, ce titre venu de Daniel 7, est caractéristique du langage de Jésus, comme on le constate lors du jugement devant le Sanhédrin (Mt 26, 64). Le Déluge au temps de Noé est une figure de châtiment, mais aussi de salut. Il en va de même pour les jours de Lot. A chacun de prendre ses responsabilités. C’est en acceptant de perdre sa vie qu’on la sauve. A qui demande des précisions sur le lieu, Jésus répond par un proverbe énigmatique. Il faudrait poursuivre notre lecture qui fait suivre le temps de la ruine de celui des nations (v.24); ce temps où nous devons rendre témoignage malgré les persécutions.

Nous vivons une époque tragique où tout semble perdu. Comme nous y invite Léon XIV, il faut être attentifs aux signes des temps. Le Fils de l’Homme est déjà sous la figure du pauvre. Savons-nous le reconnaître et l’accueillir ?

E.Cothenet

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