La transfiguration du Seigneur
D’une montagne à l’autre, de la montagne de la mise à l’épreuve à la montagne de la révélation. Quel beau cheminement pour les catéchumènes qui ont reçu l’appel décisif en vue du baptême, la nuit pascale. Nous nous associons à leur prière.
Les deux premières lectures ont valeur d’introduction : l’appel d’Abraham. Dieu prend l’initiative pour un plan qui a valeur de bénédiction pour toutes les familles de la terre. La foi met Abraham en route, comme nous y sommes invités.
Le psaume 32 chante la fidélité de Dieu à sa Parole.
Dans sa dernière lettre à Timothée, son testament spirituel, Paul nous invite à prendre part aux souffrances du Christ en prêchant l’Évangile, car Dieu nous a sauvés par sa grâce, manifestée par la résurrection du Christ. Voilà qui nous conduit au texte central de ce dimanche, la Transfiguration du Christ.
Une vision unique en son genre dans les Évangiles, aux multiples allusions bibliques qu’il faut repérer.
Le temps : une semaine après la question de Jésus à ses apôtres, « Pour vous qui suis-je ? » Pierre au nom de tous a proclamé : « Tu es le Messie. » C’est alors que pour la première fois Jésus annonce sa passion. Pierre proteste, vertement. Jésus réagit : « Arrière de moi, Satan, le tentateur. » C’est alors que, tout penaud, Pierre continue à suivre le Maître, sans comprendre.
Le lieu : selon la tradition, le Thabor, montagne isolée d’où l’on a une vue splendide sur le lac de Tibériade et les villages de Galilée. Il vaut la peine de faire à pied l’ascension (et non en jeep) pour apprécier la splendeur du paysage. Pour prier, Jésus invite trois de ses intimes, Pierre, Jacques et Jean, à l’accompagner comme il le fera à l’agonie. Une prière si intense que la face de Jésus rayonne de la gloire divine. Plus surprenant, l’apparition de Moïse et d’Élie : Moïse qui avait reçu les tables de la Loi, Élie dont on attendait le retour pour préparer la venue du Messie. Selon Luc, l’un et l’autre parlaient avec Jésus de son exode. Terme décisif qui donne sens au drame
Réaction de Pierre qui propose de dresser trois tentes, par référence à la fête des Tentes, très populaire en Israël. Semaine à passer dans la cabane du jardin, en souvenir des 40 ans au désert. On y célébrait la royauté de Dieu présent dans la Tente de réunion, où Moïse consultait le Seigneur. Surtout on se tournait vers la venue du Messie annoncée par Élie. Ainsi donc le jour tant attendu est arrivé, selon Pierre. Le cauchemar de la passion prend fin. De la nuée, signe de la Présence divine, retentit une voix, comme au baptême. Tu es mon Fils bien-aimé, le Serviteur souffrant qui sera la gloire d’Israël et la lumière des nations.
Écoutez-le, le dernier mot, décisif. Le rideau tombe. La lumière s’éteint. Au temps de la vision succède celui de la Foi. Les disciples ne comprennent pas encore, aussi Jésus leur interdit-il d’en parler avant sa Résurrection, la clef du mystère du salut.
Que retenir ? Pour nous comme pour les catéchumènes, le Carême doit être un temps long pour approfondir notre foi en Jésus le Messie souffrant qui nous demande de Le suivre, d’étapes en étapes, jusqu’à l’Exultet pascal. Ne croyons pas trop vite que nous avons atteint le but. Ne nous décourageons pas si la route nous semble trop longue. Que le compagnonnage nous aide à tenir bon durant toutes les étapes de l’exode
E. Cothenet
