Que de souvenirs et d’intentions se superposent !
Une date mémorable ! Le 25 janvier 1959, à la clôture de la Semaine pour l’unité célébrée à St Paul hors les murs, Jean XXIII annonce, à la surprise de tous, la convocation d’un Concile à portée œcuménique.
La première constitution dogmatique du Concile porte sur la liturgie, dans toute son extension (sacrements et prière du bréviaire). Elle vise à une participation active des fidèles et à une ouverture plus large du trésor de la Parole de Dieu.
Le Pape Benoit XVI dans son exhortation sur la Parole de Dieu fera l’éloge du lectionnaire qui, sur trois ans, déploie la richesse de la Parole de Dieu faite chair. La première partie de la messe n’est pas un hors d’œuvre facultatif, mais partie intégrante de la célébration du mystère pascal sous l’action de l’Esprit Saint à invoquer (épiclèse), ce
que beaucoup de célébrants et d’équipes liturgiques oublient !
L’Eucharistie est un mémorial qui déploie l’actualité de l’Alliance de Dieu par la participation des fidèles à la vitalité du Corps du Christ, témoin de sa miséricorde dans lemonde d’aujourd’hui.
Le dimanche de la Parole a été institué par le Pape François dans la droite ligne de ses prédécesseurs pour mettre en valeur l’unité de la Bible en ses deux parties, la Iè Alliance et l’Alliance nouvelle en Jésus Christ.
Heureuse coïncidence : la Bible qui, un temps, a divisé les communautés est devenue principe d’unité. La publication de la TOB (Traduction œcuménique annotée) en est un bel exemple. Au lendemain du Concile, des exégètes catholiques et réformés se sont mis à l’œuvre en partant du texte le plus controversé à l’origine de la Réforme, l’Épître aux Romains (1967). Sa réussite fit en sorte que la TOB constitue une solide
base pour les rencontres œcuméniques. Nous pouvons rendre grâce à Dieu.
Les textes de ce dimanche
Relevons quelques orientations
* Le message d’Isaïe 8-9 se situe peu après la prise de la Galilée par les Assyriens et évoque la nuit de la désolation dans un pays ravagé. Par contraste le prophète annonce la naissance du Messie, Prince de la paix, né d’une Vierge. Prophète de la foi,Isaïe lance cet appel : Si vous ne croyez pas, vous ne tiendrez pas (Is 8,12)
Malgré tant d’épreuves, l’oracle sera conservé, comme soutien pour un avenir lointain, comme le chante le Ps 26 le Seigneur est ma lumière et mon salut.
* Paul condamne les divisions des Corinthiens
La communauté de Corinthe réunissait des convertis d’origine et de niveau social très variés : Juifs et païens, Grecs et Levantins, hommes libres et esclaves. Se retrouver ensemble n’allait pas de soi ! Paul débuta sa prédication à la synagogue. Expulsé, ilcontinua dans une échoppe de tisserand. Après son départ arriva Apollos, un juif
d’Alexandrie formé au beau langage. Il fit grosse impression auprès des fidèles cultives, mettant l’accent plus sur les dons de l’Esprit que sur le scandale de la croix.
Averti par les gens de Chloé, Paul réagit avec force contre la formation de clans qui se distinguaient par leur appartenance à un « patron », Paul, le fondateur, Képhas qui bénéficia de la première apparition du Christ, Apollos. Quelle cacophonie !
Paul proteste avec force, envoyé pour annoncer l’Évangile et non pour s’attirer un groupe de fans I il ne veut être qu’un intendant fidèle (1 Co 4,1) au service du Christ. C’est Lui qui compte, comme l’unique fondement (I Co 3, 11).
Précisons : l’unité demandée n’a rien de monolithique, car l’Esprit Saint distribue ses dons à chacun pour le bien commun (1 Co 12, 7), à savoir l’évangélisation du monde.
A l’opposé de toute querelle des Egos, le Règne de Dieu ne peut s’établir que dans une unité diversifiée.
* Matthieu 4, 12-23 est l’évangéliste le plus soucieux de montrer comment la vie de Jésus et son message s’enracinent dans la tradition juive Or Jésus prend pour centre de sa mission Capharnaüm, village obscur de simples pêcheurs. Quelle importance lui donner ? Matthieu évoque les territoires de Zabulon et Nephtali avec une insistance
sur la Galilée des nations. Dès l’origine, la mission d’abord destinée aux fils d’Israël,s’oriente vers les nations à évangéliser.
Venez à ma suite. Parole performatrice déterminant l’avenir des premiers disciples :
renonciation à leur métier pour s’attacher au Maître, en vue de leur mission de pêcheurs d’hommes. Plus tard ils feront leur apprentissage dans les villages de Galilée (Mt 10) avant l’envoi au monde entier. (Mt 28, 16-20)
Unis pour attester au monde la volonté de Dieu d’apporter à tous les hommes l’exhortation à la paix véritable en son Fils bien-aimé.
Edouard Cothenet
