Homélie du dimanche 28 décembre – Sainte Famille – Père Cothenet

Entre Noël et le Jour de l’an, cette fête vient à propos pour donner tout son sens à notre vie de famille et pour prier pour ceux et celles qui se sentent bien seuls et qui espèrent trouver en l’Église « famille de Dieu » l’espérance qui ne déçoit pas. Pour nous tous, c’est l’occasion de rendre grâces pour tout ce que nous avons reçu et recevons de nos familles, l’occasion de renforcer les liens familiaux trop souvent malmenés par le monde actuel.

Les textes de la liturgie correspondent à une situation sociale qui n’est plus la nôtre. Ils ont besoin d’une transposition.

Ainsi en est-il des réflexions de Ben Sirah, un vieux sage du 3e siècle avant notre ère. Il tient école et donne de bons conseils à des jeunes tentés par le souffle novateur de l’hellénisme. Ben Sirah commente le commandement divin Honore ton père et ta mère, en donnant à l’un et l’autre la même autorité. Concrètement il s’agit du respect envers des parents âgés qui parfois perdent un peu la tête, et de l’assistance à leur apporter, alors que trop souvent les veuves vivotent dans l’indigence.

Psaume de pèlerinage, le Ps 127 célèbre le bonheur de la famille bien unie qui craint le Seigneur.

Application pour aujourd’hui, dans les maisons de retraite : que de personnes sans visite de leur famille ! Quant aux associations de visite aux personnes âgées, elles ont la plus grande peine à recruter des bénévoles.

Colossiens, 3, 12-21 Écrite par Paul en prison à Ephese à une communauté tentée par le culte des puissances célestes. Cette lettre se caractérise par l’exaltation du Christ qui, par l’humiliation de la croix, nous ouvre l’accès au Royaume par la réconciliation entre Juifs et Nations. « Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut, là où est le Christ » (3, 1), Telle est la perspective des conseils donnés à la communauté ; bonté, douceur, patience.

Vous les femmes, soyez soumises à votre mari, dans le Seigneur. Voilà qui ne passe pas et fait accuser Paul de misogynie ! Question très complexe, à situer dans le cadre de la famille patriarcale du temps. Comment l’addition dans le Seigneur n’apporte-t-elle pas une note spécifique en enlevant toute note humiliante. Le Christ lui-même n’est-il pas soumis à son Père (I Co 15, 28) ? Et les maris ne doivent-ils pas aimer leurs épouses ?

Vous les enfants, obéissez à vos parents, à l’exemple de Jésus dont nous parle l’Évangile et vous les parents, n’exaspérez pas vos enfants de remontrances du style Tu n’es bon à rien, qui risquent de les décourager.

Soyons donc attentifs à cette mise en valeur de la relation avec le Christ ; ce qui doit conduire à un renouvellement incessant de notre conduite en famille et dans la société ?

Matthieu 2, 13-23 Matthieu est l’évangéliste qui met en relief le rôle de Joseph, l’homme juste qui accueille Marie, mystérieusement enceinte, la conduit à Bethléem, est chargé de donner les noms à l’Enfant, puis partira en exil en Égypte pour échapper à la colère d’Hérode. Il repartira à Nazareth, en accomplissement de l’Écriture. La dévotion à St Joseph, bien remise en valeur de nos jours, ne saurait méconnaître cet aspect. L’obéissance à Dieu passe par cette attention à l’Écriture dont l’Ange du Seigneur (l’Esprit Saint) nous permet d’en découvrir la portée pour nos engagements dans la vie de la société et de l’Église.

Bonne fête de la Ste Famille à tous

E Cothenet

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