Jeanne d’Arc dans le Berry

Illustration F.Gindre à l’aide de l’IA

 

Cet article a comme sources l’ouvrage  « Jeanne d’Arc en Berry » de Lucien Jeny et P.Lanéry d’Arc disponible en téléchargement  ici

 

Le contexte historique

Au début du XVe siècle, la France se trouvait dans une situation critique. La guerre de Cent Ans faisait rage, et le royaume était divisé entre les partisans du dauphin Charles (futur Charles VII) et ceux du roi d’Angleterre Henri V, qui revendiquait le trône de France. Suite au traité de Troyes (1420), le dauphin Charles avait été déshérité au profit d’Henri V, ce qui avait conduit à une fragmentation territoriale du royaume.

Dans ce contexte, le Berry constituait l’une des provinces restées fidèles au dauphin. Charles s’était d’ailleurs réfugié à Bourges, capitale du Berry, ce qui lui valut le surnom dérisoire de « roi de Bourges » par ses adversaires.

La rencontre avec le dauphin à Chinon

C’est depuis le Berry que Jeanne d’Arc, après avoir quitté son village natal de Domrémy en 1429, entreprit son voyage pour rencontrer le dauphin à Chinon. Le Berry servit de base arrière sécurisée pour préparer cette entrevue décisive. Les routes traversant cette province loyaliste permirent à Jeanne d’avancer sans risque majeur vers sa destinée.

Bourges : un soutien logistique essentiel

Après la libération d’Orléans et le sacre de Charles VII à Reims, Jeanne d’Arc séjourna à plusieurs reprises à Bourges. La ville devint un centre logistique important pour ses campagnes militaires. Les archives attestent que c’est à Bourges que furent fabriquées certaines pièces de son armure et que des fonds furent levés pour financer ses troupes.

Jacques Cœur, riche marchand de Bourges et argentier du roi, contribua notamment au financement des campagnes militaires de Jeanne d’Arc, illustrant ainsi l’engagement économique du Berry dans cette cause nationale.

L’héritage culturel et spirituel

L’influence de Jeanne d’Arc dans le Berry a laissé une empreinte durable dans le patrimoine culturel et religieux de la région. Plusieurs églises et monuments commémorent son passage, notamment la cathédrale Saint-Étienne de Bourges où une chapelle lui est dédiée.

Les traditions populaires berrichonnes ont également intégré la figure de Jeanne d’Arc, transmettant sa mémoire à travers les générations. Des fêtes johanniques sont encore célébrées chaque année dans plusieurs localités du Berry.

 

Dates et lieux de passage de Jeanne d’Arc dans le Berry

Contexte historique

Les passages de Jeanne d’Arc dans la province du Berry s’inscrivent dans la période allant de 1429 à 1430, durant la phase active de sa mission militaire et politique. Ces séjours ont principalement eu lieu entre sa rencontre avec le dauphin Charles à Chinon et sa capture à Compiègne.

Juin 1429 Présence de Jeanne d’Arc à Selles-en-Berry

Après la libération d’Orléans, Jeanne d’Arc souhaitait se rendre immédiatement à Reims pour le sacre de Charles VII, mais il fut décidé de d’abord débarrasser la vallée de la Loire des garnisons anglaises. Selles-en-Berry (aujourd’hui Selles-sur-Cher) devint un point important de rassemblement des troupes françaises durant cette période.

La présence de Jeanne à Selles est attestée dès le 4 juin 1429, comme le confirme un document de la Bibliothèque d’Orléans mentionnant l’envoi d’un héraut auprès d’elle. Ses activités à Selles sont détaillées dans une lettre écrite par le jeune comte Guy de Laval à sa mère et sa grand-mère, datée du 8 juin 1429.

La Lettre de Guy de Laval

Cette lettre enthousiaste fournit un témoignage vivant de la présence et de l’impact de Jeanne d’Arc. Guy de Laval avait été amené à Selles par le roi Charles VII, arrivé le lundi 6 juin. Apprenant l’approche du roi, Jeanne était allée à sa rencontre et était revenue avec lui dans la ville.

La lettre décrit Jeanne comme ayant :

  • Les cheveux coupés à la manière des soldats
  • Une taille bien prise et « très-belle prestance »
  • Des yeux noirs
  • Une conversation gracieuse et enjouée avec les plus hauts personnages
  • Une confiance et un entrain débordants

De Laval rapporte avoir vu Jeanne monter à cheval, « armée tout en blanc, sauf la tête, une petite hache en sa main. » Son grand coursier noir était initialement agité à la porte de son logis, mais lorsqu’elle le fit mener à la croix devant l’église proche, il devint calme « comme s’il fut lié. » Elle se tourna alors vers la porte de l’église et dit d’une voix claire de femme : « Vous les prêtres et gens d’église, faites procession et prières à Dieu. » Puis elle reprit son chemin en disant : « Tirez avant, tirez avant, » son étendard ployé porté par un gracieux page.

La lettre mentionne également qu’un des frères de Jeanne l’avait rejointe en Berry huit jours plus tôt et était parti avec elle de Selles, armé en blanc comme sa sœur.

L’Église de Selles-en-Berry

Le document note que l’église mentionnée dans la lettre de Guy de Laval existe toujours, avec certaines parties remontant aux XIe et XIIIe siècles. La croix où Jeanne avait fait mener son cheval était située devant cette église.

Le Logement de Jeanne à Selles

Le document s’interroge sur l’endroit où Jeanne a séjourné à Selles. Il remarque qu’elle logeait généralement dans les maisons les plus respectables avec des femmes honorables, pour protéger sa réputation et maintenir la confiance du public en sa mission. L’auteur émet l’hypothèse qu’elle aurait pu séjourner chez une famille nommée du Chesne, qui avait des liens avec l’administration du grenier à sel de Selles et possédait également des parents à Bourges.

La Lettre de Perceval de Boulainvilliers

Le document fait également référence à une autre lettre importante concernant Jeanne, écrite le 21 juin 1429 par Perceval de Boulainvilliers, conseiller-chambellan du roi Charles VII et sénéchal du Berry. Cette lettre, adressée à Philippe Visconti, duc de Milan, décrivait les exploits miraculeux de Jeanne et ses qualités exceptionnelles.

Boulainvilliers décrivait Jeanne comme ayant :

  • Une physionomie agréable
  • La capacité d’endurer la fatigue à l’égal des hommes
  • Une manière de parler réservée (elle parle peu)
  • Une prudence admirable dans ses actes et ses paroles
  • Une voix pleine de charme
  • Des habitudes modérées en matière de nourriture et de boisson
  • Un amour des beaux chevaux et des armes
  • Une grande affection pour les hommes d’armes et les gentilshommes
  • Une aversion pour la verbosité et les discussions
  • Des larmes occasionnelles, mais généralement un visage souriant
  • Une endurance remarquable, restant parfois complètement armée pendant six jours et six nuits

La lettre conclut en affirmant que ces témoignages reflètent l’admiration générale que le peuple du Berry éprouvait pour Jeanne, considérée comme « divinement envoyée à nous ».

De la victoire de Patay Juin 1429 au retour du sacre de Reims septembre 1429

Après la victoire de Patay, une importante armée se rassembla à Bourges en vue de l’expédition vers Reims pour le sacre de Charles VII. Jeanne d’Arc ne semble pas être venue à Bourges à ce moment précis, mais plutôt avoir rejoint directement le rendez-vous général de l’armée à Gien après avoir rencontré le roi à Sully-sur-Loire.

La reine Marie d’Anjou, épouse de Charles VII, souhaitait accompagner son mari à Reims pour le sacre, mais elle fut renvoyée à Bourges pour y attendre l’issue de la campagne. Le document évoque les liens entre Marie d’Anjou et sa mère Yolande d’Aragon, qui toutes deux soutenaient Jeanne d’Arc dès le début de sa mission, notamment après avoir attesté sa virginité, considérée alors comme preuve qu’elle n’était pas sous l’influence de mauvais esprits.

L’auteur conteste ensuite l’affirmation de l’historien Louis Gollut selon laquelle Sancerre aurait été reprise aux Anglais pendant cette campagne. Il démontre au contraire que Sancerre est toujours restée fidèle au parti royal et n’a jamais été conquise par les Anglo-Bourguignons grâce à sa position stratégique sur une montagne abrupte.

Après le sacre de Reims et l’échec devant Paris, Jeanne suivit à contrecœur Charles VII dans sa retraite vers la Loire. Le document explique que les échecs de Jeanne devant Paris résultaient en réalité d’une trêve secrète déjà conclue par le roi avec les Bourguignons. Sur le chemin du retour, la cour royale passa de nouveau par Selles-en-Berry, où Marie d’Anjou vint à la rencontre du roi. Jeanne prit les devants pour saluer la reine en premier, peut-être par déférence ou par sympathie pour celle qui, comme elle, subissait les conséquences des faiblesses du roi.

Octobre 1429 Séjour de Jeanne à Bourges au retour du sacre de Reims

Ce document est un extrait du chapitre six d’un ouvrage consacré à Jeanne d’Arc en Berry. Il détaille spécifiquement son séjour à Bourges en octobre 1429, après le sacre de Charles VII à Reims, lorsqu’elle fut hébergée chez Marguerite la Touroulde.

Le logement de Jeanne d’Arc à Bourges

Jeanne d’Arc fut logée chez Marguerite la Touroulde, femme de René de Bouligny, conseiller du roi et receveur général des finances à Bourges. Ce logement lui fut assigné par Charles II d’Albret, lieutenant du roi en Berry. Marguerite avait alors 38 ans, soit 20 ans de plus que Jeanne.

Le texte corrige deux erreurs historiques fréquentes :

  • Marguerite n’était pas veuve lors du séjour de Jeanne, mais le devint plus tard
  • Jeanne ne résida pas « ordinairement » chez elle à Bourges, mais y séjourna seulement trois semaines en octobre 1429

La vie quotidienne de Jeanne chez les Bouligny

Le document offre un aperçu détaillé de la vie quotidienne de Jeanne pendant ce séjour :

  • Elle partageait la chambre et le lit de Marguerite (pratique courante à l’époque)
  • Elle mangeait à la table des Bouligny
  • Elle partageait son temps entre exercices physiques et pratiques religieuses
  • Elle montait à cheval et maniait la lance avec une adresse qui impressionnait les hommes d’armes
  • Elle se confessait souvent et assistait régulièrement à la messe
  • Elle accompagnait Marguerite aux matines dans les églises de Bourges
  • Elle prenait des bains aux « étuves » (établissements de bains publics de l’époque)
  • Elle « avait horreur du jeu de dés » que pratiquait son hôtesse

La piété et l’humilité de Jeanne

Le texte souligne plusieurs traits de caractère de Jeanne :

  • Sa modestie face aux croyances populaires : des femmes lui apportaient des chapelets pour qu’elle les touche, croyant à un pouvoir bénissant, mais elle répondait avec humour que le toucher de Marguerite aurait autant de valeur que le sien
  • Sa spiritualité profonde mais simple : face aux questionnements complexes des clercs à Poitiers, elle avait répondu : « Il y a ès livres de Notre-Seigneur plus que ès vôtres »
  • Sa charité et sa compassion : elle disait être « envoyée pour consoler les pauvres et les indigents »
  • Sa franchise directe, illustrée par son conseil au duc Charles de Lorraine, malade, à qui elle avait recommandé de se réconcilier avec son épouse et d’amender sa conduite pour guérir

Le document montre comment Jeanne, malgré sa célébrité après la libération d’Orléans et le sacre de Reims, conservait une simplicité naturelle qui impressionnait son entourage, notamment Marguerite la Touroulde qui témoigna plus tard de ces qualités lors du procès de réhabilitation en 1455.

Novembre 1429 voyages entre Bourges et Mehun-sur-Yevre et assaut de Saint Pierre Le Moutiers

Après une période d’inaction forcée à Bourges où Jeanne logeait chez Marguerite la Touroulde, l’héroïne effectue plusieurs voyages entre Bourges et Mehun-sur-Yèvre, résidence préférée du roi et siège de son Conseil. Elle y plaide pour reprendre l’offensive contre les Anglais, alors que des troupes ennemies effectuent régulièrement des incursions depuis le Nivernais vers les régions fertiles du Berry.

Malgré l’opposition des conseillers du roi (Regnault de Chartres, La Trémoille et Gaucourt), qui refusent notamment de la laisser combattre aux côtés du duc d’Alençon en Normandie, Jeanne obtient finalement l’autorisation de mener des opérations militaires plus modestes avec Charles d’Albret, frère de La Trémoille.

En novembre 1429, elle rassemble ses troupes à Bourges pour attaquer Saint-Pierre-le-Moutier, place stratégique située à la jonction de l’Allier et de la Loire. Lors de l’assaut, malgré un premier échec et la fuite de ses soldats, Jeanne reste courageusement au combat avec quelques hommes, déclarant avoir « cinquante mille de ses gens » à ses côtés. Son attitude inspire ses troupes qui reviennent à la charge et prennent la ville.

Après ce succès, Jeanne se prépare à assiéger La Charité-sur-Loire, défendue par l’aventurier bourguignon Perrinet Grasset qui ravageait régulièrement le Berry. Manquant de moyens pour cette expédition, Jeanne sollicite l’aide de plusieurs villes comme Clermont-Ferrand, Orléans et Riom, à qui elle écrit le 9 novembre depuis Moulins pour demander des provisions de guerre.

Le texte souligne que Jeanne aurait préféré poursuivre la reconquête en Île-de-France plutôt que ces opérations secondaires, mais qu’elle obéit aux ordres du Conseil royal malgré les réticences et les jalousies des favoris du roi.

Novembre 1429 séjour de Jeanne à Montfaucon-en-Berry (aujourd’hui Villequiers) pour préparer le siège de la Charité sur Loire

Jeanne séjourne à Montfaucon-en-Berry (aujourd’hui Villequiers) en novembre 1429, alors qu’elle préparait l’expédition de la Charité-sur-Loire. Cette position stratégique lui permettait de surveiller les mouvements de Perrinet Grasset, de guetter les occasions propices pour une attaque, tout en restant proche de Bourges qui lui envoyait des subsides.

C’est à Montfaucon-en-Berry que Jeanne d’Arc rencontra Catherine de La Rochelle, une femme qui prétendait avoir des visions d’une « dame blanche habillée de drap d’or ». Cette visionnaire affirmait pouvoir découvrir des trésors cachés grâce à ses pouvoirs de divination, ce qui aurait permis de financer les troupes de Jeanne. Elle était soutenue par Frère Richard, un cordelier influent, et par certains familiers du roi qui voyaient là un moyen facile de trouver des ressources.

Jeanne, sceptique mais prudente, proposa de vérifier ces prétendues visions en partageant le lit de Catherine pendant deux nuits. Malgré les affirmations de Catherine, aucune apparition ne se produisit. Jeanne écrivit alors au roi que les récits de cette femme n’étaient que « folie et néant ».

Catherine de La Rochelle suggérait également de ne pas poursuivre le siège de la Charité-sur-Loire en raison du froid hivernal et proposait plutôt de négocier la paix avec le duc de Bourgogne. Jeanne rejeta ces conseils, sachant par expérience que la paix ne serait obtenue que « par le bout de la lance ».

Le texte évoque également quelques hypothèses sur les traces potentielles du passage de Jeanne dans la région (dévotion à Saint-Michel, chapelle Sainte-Catherine), tout en reconnaissant qu’il s’agit de simples conjectures difficilement vérifiables en l’absence de documents historiques probants.

Novembre-décembre 1429 échec de Jeanne au siège de la Charité sur Loire

Selon certaines sources locales, Jeanne d’Arc et le seigneur d’Albret seraient revenus à Bourges pour chercher des renforts avant le siège de La Charité-sur-Loire. Une anecdote mentionne que la ville de Vierzon aurait envoyé un représentant, Colas Roussel, pour les rejoindre avec des troupes destinées à renforcer l’armée royale.

Vers la mi-novembre 1429, Jeanne se mit en route pour La Charité-sur-Loire, passant par Saint-Pierre-le-Moutier. Une tradition locale raconte qu’en passant près du château d’Apremont, elle aurait fait tirer un coup de canon contre le donjon appartenant à un partisan des Anglais.

Le siège de La Charité-sur-Loire dura près d’un mois dans des conditions difficiles: froid, manque de vivres et d’argent. Pour soutenir ce siège, la ville de Bourges consentit un important sacrifice financier en envoyant treize cents écus d’or (environ 15,600 francs de l’époque moderne). Pour réunir cette somme, les autorités municipales mirent aux enchères la ferme du treizième du vin vendu en détail dans la ville, qui fut adjugée à Jean de Laloë au prix de deux mille livres tournois.

Malgré ces efforts, le siège fut un échec. Selon le chroniqueur Perceval de Cagny, ce fut « parce que le roi ne fit finances de lui envoyer vivres ni argent pour entretenir sa compagnie » que Jeanne dut lever le siège. Les soldats, découragés par les conditions difficiles et le manque de soutien, abandonnèrent une grande partie de leur artillerie.

Après cet échec, Jeanne revint à Bourges puis se rendit à Mehun-sur-Yèvre, probablement pour expliquer que cette utilisation de ses compétences ne correspondait pas à sa mission. Fin décembre, elle visita Jargeau, une place qu’elle avait libérée des Anglais en juin précédent, avant de retourner à Mehun-sur-Yèvre.

La Trémoille profita de l’échec de La Charité pour convaincre Charles VII d’empêcher Jeanne d’entreprendre d’autres actions militaires. On chercha à compenser cette inactivité forcée par des honneurs de cour, ce que l’auteur compare à la manière dont on « enterre aujourd’hui vivants » d’anciens serviteurs devenus gênants en les couvrant de décorations.

Fin décembre 1429 Jeanne d’Arc anoblie à Mehun-sur-Yèvre

L’anoblissement de Jeanne d’Arc et de sa famille par Charles VII, eut lieu à Mehun-sur-Yèvre, près de Bourges, le 29 décembre 1429. Les lettres d’anoblissement furent ensuite enregistrées à Bourges le 16 janvier 1429 (selon l’ancien calendrier où l’année commençait à Pâques). Ces lettres concernaient non seulement Jeanne, mais aussi ses parents et ses frères, avec la particularité inhabituelle d’inclure la postérité « mâle et femelle ».

Le texte détaille les armes données à la famille : une épée d’argent entre deux fleurs de lys d’or sur fond azur, soutenant la couronne royale. L’auteur souligne que ce lien avec le Berry constitue « le berceau de cette noblesse si dignement acquise ».

Le document évoque ensuite les relations entre les frères de Jeanne et le Berry. Notamment, Jean du Lys (fils de Pierre d’Arc) épousa Macée de Vérines, issue d’une famille berrichonne. L’auteur explore également la possible présence en Berry d’un Pierre Darc, mentionné dans des documents d’archives du Cher, tout en démontrant qu’il ne pouvait s’agir du frère de Jeanne malgré la similitude de nom.

Le texte se termine par des considérations sur l’orthographe du nom « d’Arc » à cette époque et sur les différentes familles portant des noms similaires sans nécessairement avoir de lien avec l’héroïne nationale.

L’ensemble du document illustre l’attachement historique entre Jeanne d’Arc, sa famille et la région du Berry, notamment à travers les actes officiels qui y furent produits et les alliances matrimoniales qui s’y nouèrent après la mort de Jeanne.

Hiver 1430 – Les derniers séjours de Jeanne d’Arc en Berry

Après avoir reçu ses lettres d’anoblissement à Mehun-sur-Yèvre le 29 décembre 1429, Jeanne aurait visité plusieurs lieux en Berry. Elle aurait fait une visite à l’abbaye cistercienne de Beauvoir, près de Marmagne, fondée en 1234 et autrefois fréquentée par Saint Louis et Blanche de Castille. Cette hypothèse s’appuie sur la dévotion de Jeanne pour Saint Louis et son désir de mener une croisade contre les « Sarrazins », comme elle l’avait évoqué dans ses lettres au duc de Bedford et au duc de Bourgogne.

Le texte mentionne ensuite ses séjours à Bourges en janvier 1430, une apparition à Orléans le 19 janvier avec son frère Pierre du Lys, puis d’autres passages à Vierzon, Mennetou-sur-Cher (où une brèche dans la muraille porte encore son nom), et aux Marches de Berry (territoire frontalier aujourd’hui situé dans la commune d’Orsennes).

Cette période est douloureuse pour Jeanne, qui reste inactive pendant près de quatre mois après l’échec du siège de La Charité-sur-Loire, frustrée par l’inaction du roi et les manœuvres de courtisans comme La Trémoille et Regnault de Chartres. Finalement, elle quitte définitivement le Berry au début du printemps 1430, passant par Gien et Montargis pour arriver à Melun le 16 avril (jour de Pâques), avant de se diriger vers sa dernière campagne qui se terminera par sa capture à Compiègne le 24 mai.

 Les hypothèses sur les lieux de résidence à Bourges

L’auteur présente trois hypothèses principales concernant les quartiers de Bourges où Jeanne aurait pu loger :

  1. Rue Hôtel Lalemant – Jeanne aurait résidé chez Marguerite la Touroulde, épouse de René de Bouligny, receveur général des finances. L’auteur suggère que le logement du receveur général pouvait se trouver dans le même bâtiment que la Chambre royale des Comptes, située au sommet de la rue Hôtel Lalemant. Cette hypothèse est renforcée par la proximité de l’église des Carmes, pour laquelle Jeanne aurait eu une préférence.
  2. Quartier d’Auron – Selon un archiviste consulté par l’auteur, Marguerite la Touroulde aurait également pu habiter rue d’Auron. Ce quartier était riche et animé à l’époque, proche du palais des ducs de Berry. On y trouvait notamment des étuves publiques (bains), que Jeanne aurait fréquentées selon le témoignage de Marguerite la Touroulde.
  3. Quartier Saint-Sulpice – La découverte d’une ancienne rue nommée « rue de la Grande Jeanne » (également appelée « rue de Crève-Cœur ») suggère que Jeanne aurait pu y séjourner. Cette rue, aujourd’hui partiellement transformée en impasse des Trois-Pommes, était située dans la paroisse Sainte-Croix. L’auteur note que Jeanne était de grande taille, ce qui pourrait expliquer cette appellation. Par ailleurs, cette rue serait le lieu où Pierre Darc (parent de Jeanne) aurait possédé une maison.

L’auteur souligne que ces hypothèses ne sont pas nécessairement contradictoires, car Jeanne a effectué plusieurs séjours à Bourges et aurait pu loger à différents endroits.

 

Laisser un commentaire