Avant le concile Vatican II, on soulignait la différence entre la vie ordinaire des
fidèles tenus à l’observation des commandements de Dieu et la vie des consacrés,
engagés par des voeux à la chasteté, la pauvreté et l’obéissance. Ce qui les faisait
entrer dans l’ état de perfection, ne garantissait pas pour autant le sainteté des individus.
L’enseignement du concile Vatican II
Dans sa constitution sur l’Eglise (Lumen gentium) le Concile donne la priorité au
mystère de l’Eglise, peuple de Dieu, appelé à la sainteté. Le ch. 3 situe les ministres
ordonnés au service de l’Eglise communauté sacerdotale . Vient en suite un long
développement sur les laïcs appelés à vivre selon l’Evangile, chacun selon sa
situation particulière. Viennent ensuite les religieux dans leur rôle propre S’appuyant sur
l’Ecriture, ce plan bousculait les traditions remontant au haut Moyen Age.
La sainteté de l’Eglise découle du plan de Dieu qui a envoyé son Fils comme
rédempteur, réconciliant sur la crois les hommes avec le Père et entre eux. Le baptême
rend chaque fidèle membre du Christ, prêtre, prophète et roL Tel est le fondement de la
ie chrétienne qui s’épanouit par les dons de l »Esprit. Saint . « Avec vous, je suis chrétien,
pour vous je suis evêque », disait S.Augustin.
Figures de sainteté
Dans la sainte Eglise de Dies, les apôtres tiennent collectivement le rôle de
fondement ; spécialement Pierre et Paul fondateurs de l’Eglise de Rome. En tête des
figures de sainteté les martyrs, dont Etienne est le modèle, lui qui a prié pour ses
bourreaux comme le Christ. Leurs reliques furent vénérées avec le risque de
superstition.
A la fin du 3e s. , un tournant avec Antoine, paysan d’Egypte qui s’enfonce dans le
désert pour une vie de prière. En Orient se développe la vie communautaire sous la
règle de S.Basile, évêque de Césarée en Turquie actuelle.. En Occident la règle de
S.Benoit s’imposera rapidement , avec des réformes comme celle de Citeaux illustrée
par S.Bernard. En Berry, Noirlac et Fontmorigny.
A partir de groupes de veuves, dédiées à la prière se forment des communautés
comportant des diaconesses. L’ idéalisation de la virginité pour le Seigneur par des
Pères de l’Eglise, ne va pas sans une certaine dévalorisation de la vie conjugale.
En Gaule et bien au-delà , la figure de Martin, évêque missionnaire de Tours
exercera une grande iinfluence. En la période des invasions barbares s’impose la figure
de l’évêque défenseur de la cité . Beaucoup d’entre eux seront vénérés comme saints.
par acclamation du peuple Au 7e s. Sulpice le Bon, évêque de Bourges , fondateur
d’une abbaye, connaîtra une grande notoriété. A la fn du 12s, Richard II, évêque
réformateur, fondera l’abbaye de Plaimpied Le Pape Innocent III réserva la canonisation
au Saint Siège. Parmi les premiers canonisés, François d’Assise et Guillaume,
archevêque de Bourges.
Au 13e s. François d’Assise et Dominique , par le retour à la pauvreté
évangélique,visèrent l’un l’évangélisation des pauvres, l’autre la lutte contre les hérésies.
C’est l’époque aussi de grandes mystiques, comme Hildegarde de Bingen et Catherine
de Sienne. En rejoignant les tiers ordres ,de nombreux laïcs acquièrent une intense vie
spirituelle
La Réforme
En lutte contre les graves abus de soin temps, Luther proclama le sacerdoce
commun des fidèles en raison du baptême. S’appuyant sur la primauté du salut par la
foi ; il rejeta les vœux religieux. En réaction fut convoqué le concile de Trente. Ignace de
Loyola prêcha par les Exercices la réforme intérieure et donna à ses disciples la tâche
de chercher Dieu en christianisant le monde. François de Sales rappela que tous
,quel que soit leur état de vie., étaient appelés à « Tout faire par amour ». A Bourges, les
16e-17e s. ont été marqués par la la fondation des Annonciades, la venue des Capucins
,du Carmel et des Ursulines
Les temps modernes
Après le drame de la Révolution, marqué par le martyre de prêtres réfractaires, on
assista à un grand élan missionnaire, à la fois au plus près dans les œuvres de charité
et d’enseignement, et au loin dans les missions. comme la Papouasie confiée à la jeune
Congrégation des Pères du Sacré Coeur d’Issoudun, fondée par le Pères Jules
Chevalier. A Pellevoisin, Estelle Faguette est guérie à la suite d’une apparition de la
Vierge Marie.
L’action catholique regroupa nombre de jeunes du milieu ouvrier (JOC) et du milieu
agricole (JAC). Les jeunes témoins de la foi dans l’Allemagne nazie sont une belle
illustration de la qualité de leur formation, à la lumière de l’Evangile. Nous espérons la
prochaine béatification de Jean Tinturier qui les accompagna
Pour la spiritualité conjugale, il fallut attendre en France le Père Caffarel fondateur
des Equipes Notre-Dame., bien implantées dans notre diocèse .
Ce bref parcours illustre la variété des dons de l’Esprit pour la sainteté de l’Eglise.
Tous appelés à la sainteté, un beau programme pour l’année du Jubilé ! .Chaque mois,
nous vous présenterons des figures de sainteté qui illustrent la vitalité de notre
diocèse.et invitent à trouver les voies les mieux adaptées aux besoins de notre temps ;.
E. Cothenet
